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mercredi 23 octobre 2013

L'autoradio maléfique & le frigo aventurier

On est 2 et demi ; Chloé, Môman et moi.
On squatte un appart' ; une sous-loc' dans laquelle le chauffage marche plus depuis 2 jours et j'me gèle les griffes la nuit (ah tiens, il me fait mentir, il vient de se remettre en marche).
On a 3m3 d'affaires perso ; vêtements, accessoires de cuisine, produits high-tech & ma trousse de toilette.
Dernier point, on a une voiture ; un gros machin familial de 1995.

C'est un peu l'aventure d'être ici. On a rien mais on a "nous". "Nous" malheureusement ça fait pas tout et faut penser à construire un avenir. Chez nous, l'avenir ça commence par un frigo (oui, bon, fallait bien que ça commence quelque part).

On n'est pas arrivés ici totalement en aveugle, on avait quelques contacts. Et Caro, une "française de l'étranger" comme on dit, installée à Berlin depuis 6 ans nous a proposé un petit frigo qu'elle bazardait. C'est généreux, c'est gratuit et nous on apprécie. Un simple saut en voiture suffisait à le récupérer.

Le rendez-vous était donné samedi soir.
Dans la journée, Môman a eu un mauvais pressentiment. Et si... et si quoi ?
L'heure venue, elles sont parties chargées d'une clé de voiture et d'un GPS. Elles sont sitôt rentrées avec la clé de voiture et le GPS. Inutiles.
La batterie de la voiture était complètement déchargée.
En y réfléchissant de plus près, elles se souviennent qu'un jour l'autoradio aux pouvoirs étranges s'est allumé sans raison alors que la voiture était à l'arrêt. Et s'il s'était mis a fonctionner pendant notre absence ?
Bref, voiture HS, rendez-vous reporté au lendemain.

Sauf que faut être réaliste, on n'est pas des escargots et transporter un frigo, même petit, sur le dos c'est pas faisable.
Mais fallait pas lâcher l'affaire histoire de pas s'en vouloir si notre futur appartement est non-équipé. Et puis, komenkonfra si on peut pas ranger ma pâtée dans le frigo, hein ?!

Toujours pas d'idée ? Si, quand même. Vous vous souvenez de l'affaire du caddie le jour de notre arrivée ? Ben voilà, ça, c'est l'idée. Pas commode mais mieux que rien.
Môman, Chloé & moi (j'étais pas là mais on fait semblant hein) on a chaussé les roulettes, on a choppé un caddie qui traînait en cours de route et on a arpenté les rues pavées avec l'ensemble. Le bruit en a tiré plus d'un de sa torpeur ahahah.

Le p'tit mètre cube blanc nous attendait en haut du 4ème étage. A ce stade, on s'imaginait déjà quelques minutes plus tard, les mines déconfites, tentant péniblement de pousser un chariot bringuebalant surplombé d'un iceberg inversé -plus dehors que dedans- sur des trottoirs impraticables. La plaie.

C'est donc au moment où on se croyait au plus profond du trou, qu'un miracle nous a sauvé : "Mais, vous voulez notre diable ?"
Gros yeux ronds, bouchent qui gobent les mouches, épaules qui tombent : "ALLÉLUIA ! :D"

On a mis une vingtaine de minutes à remonter les 2km jusque chez nous et cette fois encore, la scène -plus qu'improbable- en a fait sourire plus d'un : 
Essayez de visualiser, vous aussi, 2 petites nanas en roller (avec un chat imaginaire toujours) en train de tracter un frigo monté sur un diable, au milieu de la route et en pleine nuit. Drôle de convoi, n'est-ce pas ?

jeudi 17 octobre 2013

Tempelhof : aéroport désafecté

// Par Môman


Notre rue porte le nom de Flughafenstraße qu'on traduira par "Rue de l'aéroport".
Quoi de plus normal lorsqu'on constate qu'elle fait partie des axes principaux permettant l'accès à l'ancien aéroport international de Berlin ; Tempelhof. 

Il nous suffit de remonter les quelques 700 mètres par l'ouest, en rejoignant dans la lignée Columbiadamm jusqu'au petit kiosque à snacks, de bifurquer à gauche sur le chemin très boisé mais néanmoins bitumé pour que s'ouvre à nos yeux ébahis cet immense espace désormais converti en parc urbain.
La découverte de ce ciel ouvert en pleine ville avec un coucher de soleil flamboyant a rajouté de la valeur à ce lieu qui m'a paru vide (mais pas dépourvu d'intérêt) malgré toute la charge historique qui pèse sur lui.

Pour une première, nous n'avons parcouru que 8km de ses plate-bandes, soit moins de la moitié de sa surface roulable (à roller évidemment) en empruntant d'abord le circuit intérieur en lisière de l'aéroport, descendant jusqu'au skatepark spécialement aménagé pour les skateboarders (damned !) puis longeant une partie de la voie ferrée jusqu'à rejoindre et arpenter la piste sud d'atterrissage-décollage. La boucle était bouclée après que nous ayons dépassé les jardins partagés cultivés et décorés par des mains vertes (ou pas) à l'imagination débordante.
  



Nous n'avons fait qu'effleurer ce lieu pour cette première rencontre. On peut imaginer sans mal à quel point cette gigantissime bulle d'air, plus grande que Central Park, peut être prise d'assaut lors des belles journées surtout qu'un espace pour le barbecue y est aménagé (et ça, c'est pas donné dans toutes les grandes villes).
Cette zone désormais désaffectée pour le fret aérien n'a pourtant pas perdu de son squelette, ni de son âme. Le tarmac est jonché d'archives grandeur nature que les berlinois ont, en général, su se réapproprier. C'est ainsi qu'on découvre des blocs de béton rouge et blanc utiles, à l'époque, à l'organisation du traffic reconvertis en bancs, un vieil avion américain (visitable ?) sous le auvent de l'aérogare, des mini-tourelles rouges qui font office de postes d'observation et ça et là, des bornes à incendie accueillent du Yarn Bombing (street-tricot).


Bref, je n'ai aucun doute sur ce terrain de jeu. Je sais déjà qu'il va devenir un de nos spots de prédilection dans cette nouvelle ville !