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mercredi 3 décembre 2014

Teufelsberg : la Montagne du Diable


Les visites c'est pas mon truc mais "c'est important la culture mon p'tit chat" que dit Môman. Ou pas.
Les parents i' disent vrai alors j'ai profité des journées du patrimoine du 14 septembre pour aller faire grimpette en haut d'une colline artificielle de Berlin, localisée au nord de la forêt de Grunewald et qu'on appelle Teufelsberg.




Entrée gratos pour tous, hourra !
T'façon, j'aurais pas mis 20 balles pour risquer ma vie à 120 mètres de haut dans un lieu désaffecté au milieu de nulle part.
Oui bah, j'ai peut-être le vertige mais j'ai surtout une peur affreuse que les bâtiments s'écroulent en permanence, et alors ? Chacun son truc.
Pour ma défense, on a quand même signé un document pour attester que c'était à nos risques et périls...




La station d'espionnage de Teufelsberg, c'est ce machin-là avec ses dômes de radar déglingués :


Vous pouvez faire des "Wouah" et des "Ooh" parce qu'en vrai ces bâtiments sont les ruines d'une ancienne et une des plus importance station de la NSA américaine (Agence Nationale de la Sécurité) érigée après la Seconde Guerre Mondiale sur cette fausse colline contenant quelques 12 000 000 m³ de gravats. Reprenez votre souffle, merci.
Une station d'espionnage en plein Berlin durant la Guerre Froide, au sommet d'une colline, presque invisible de tous et surtout inaccessible, ça en jette !
Ouais, ça mérite bien des "Woow" aussi.
C'est vraiment pas facile d'accès car on a bien dérouillé pour y accéder. M'enfin, c'est peut-être parce qu'on s'est perdus. Peut-être.

Avant cette montagne, sur cet emplacement, y'avait une école militaire nazie. Les Alliés et leurs supers pouvoirs n'ont jamais réussi à la faire disparaître à coups d'explosifs alors ils l'ont finalement ensevelie puis ont siégé dessus. Et hop, une humiliation de plus.


On est monté en barque avec un groupe d'une trentaine de visiteurs. Une guide allemande apparemment pleine d'humour nous a ouvert la voie.
Malheureusement, notre attention a rapidement fui le son de sa voix car allemand LV2 ça ne m'a pas paru indispensable à l'école.

J'étais le seul matou mais y'avait des chiens par-ci, par-là. J'ai pas trop aimé. Chloé non plus. Pour passer inaperçu, je me suis caché derrière la caméra. Beau déguisement. J'aurais très bien pu travailler pour la NSA à l'époque vu mes compétences en matière d'invisibilité. Deven, The Ultimate Spy aurait été mon nom de code et j'aurais porté des lunettes à la Will Smith dans M.I.B. Yeah !


C'était fun la balançoire dans le dôme mais faut savoir que les mecs dans leurs bubulles hermétiques là, ils bossaient sans fenêtre, 24/24h sous lumière artificielle et air conditionné. Tout aussi charmant que le travail actuel de Môman, tiens !

L'activité de la station était intense jusqu'à la chute du mur à partir du 9 novembre 1989. Je suis tellement culturé que je connais cette date, m'voyez ?!
Ensuite, les bureaux ont été dépouillés de leur mobilier et matériel technique et l'espace a été laissé à l'abandon.
Il y a eu quelques projets privés dans les années qui ont suivies mais rien n'a été mené à bien (musée de l'espionnage, complexe hôtelier, camp de hippies sectaires... et même village naturiste, nan, lui c'est pas vrai). La ville a finalement repris ses droits dessus dans les années 2000.
Des bandes de gamins en mal d'amour gangsters trop rebelles ont vandalisé le site depuis et squatté le lieu ce qui lui donne désormais cet aspect à la fois dépravé et tendance. 

Mode [mâchage de chewing-gum bouche grande ouverte, bière en main et passage de main dans la mèche de cheveux] ON
"Attends quoi, t'as jamais été posé ton tag à Teufelsberg mec ?! 'tain, t'es pas hype quoi !"

L
'endroit paraît un peu glauque par moment mais il est aussi teinté d'humour.
L'art de rue est omniprésent. Le bon comme le mauvais. Quoiqu'il en soit, nos yeux sont en permanence tiraillés vers tous les horizons, depuis le sol jusqu'au plafond.
Cet endroit est une usine à créations, un atelier d'artistes en tout genre.

En bref, on y reconnaît bien la signature underground de cette ville.

Mon cours d'histoire s'arrête ici mais je vous laisse le plaisir de poursuivre la visite virtuelle en découvrant les photos ci-dessous (les miniatures sont cliquables). Je m'en vais vous préparer un autre chapitre au plus vite.


Deven, 
Docteur en Histoire Contemporaine,
Reporter Sans Frontières reconnu.





 




lundi 1 décembre 2014

Un grand MERCI d'avance !

Formulons-le clairement.
La vie a décidé d'être une pute avec moi et, jusque-là, je me suis lâchement laissée porter par ce flow négatif.
J'irai bien jusqu'à dire que je l'ai cherché.

Aujourd'hui, parce que tout va mal, j'ai pris la décision de me ressaisir.
Ma revanche contre la vie commence donc ici. 
Je ne lâcherai pas, je me battrai contre elle, pour moi. Et mon plus grand vœu est désormais d'avoir la force de tenir ces engagements.

Pour comprendre l'objectif de cet article, voici un des derniers bouleversement dans ma vie :

Notre appartement a récemment été cambriolé. 
En plus d'avoir cette impression d'avoir été mises à nues, violées, on nous a dépouillées de près de 3000€ en matériel informatique.

Je parle ici des outils de travail de Chloé notamment : iMac 21,5", Notebook, 2 disques durs, pièce d'identité, passeport (une semaine avant de s'envoler pour les États-Unis pour rajouter à l'angoisse)...
De mon côté : 2 disques durs dont 10-15 ans de ma vie en photos/vidéos (y compris les seuls souvenirs matériels qu'il me restait de ma mère), lecteur MP3, 2 appareils photos dont mon tout dernier précieux cadeau..
A cela s'ajoute des objets comme GPS, compteur kilométrique additionnel pour la voiture (car celui de la voiture ne fonctionne plus), cigarettes électroniques, 2 anciens téléphones sans trop de valeur (on n'a pas le jackpot à tous les coups) etc.
Précisons également que 5 minutes auparavant, je venais de découvrir que la voiture avait été éraflée sur tout le côté conducteur sur le parking.

L'unique bonne nouvelle de ce drame c'est que Deven et Juno vont bien. Ils avaient l'air heureux de patauger dans l'appartement en désordre lorsque nous avons découvert cette effraction (fenêtre brisée avec un diamant circulaire pour éviter le bruit).

Vous avez été beaucoup a souligner le fait que tout ceci n'était que du matériel, que nous allions bien physiquement, que les souvenirs restaient finalement dans nos cœurs, nos têtes et que c'était le principal.
Vous avez été adorables et je vous en remercie.
Malheureusement, cela ne suffit pas à soulager cette affreuse douleur. Ceci-dit, le temps est là pour panser les plaies, n'est-ce pas ?

Je suis à la fois peinée et enragée. 
Vous me passerez donc l'expression mais c'est à cause de genre de merdes innommables, et parce qu'un malheur ne vient jamais seul, que j'ai décidé de me ressaisir, d'arrêter de subir.
Sans les nommer (parce qu'un peu de vie privée est salutaire), je me suis fixée certains objectifs pour aller de l'avant. 
Pour certains points, j'aurais rapidement besoin de vous et ça commence ici.

Ma première mission consiste à récupérer un maximum de ces souvenirs qui m'ont été arrachés injustement.
Je demande donc votre attention car j'ai besoin de votre collaboration à tous ; famille, amis, connaissances, de près ou de loin. 
En clair, tous ceux avec qui j'ai partagé un fou rire mémorable, un restaurant sans grand intérêt, une ballade en forêt ou à la fête foraine, un match de derby, une visite historique, une soirée bien arrosée (oui, c'est arrivé !) ou encore un instant plus intime.
A partir du moment ou quelques photos et vidéos ont été prises, parfaites ou non, mon cœur implore votre aide.

J'ai conscience que ma demande n'est pas des moindres mais c'est avec le les entrailles terriblement déchirées que je vous demande ce service.
Pour certains, nous ne nous voyons plus vraiment mais nous avons tellement partagé qu'il m'est inconcevable de laisser tomber ces souvenirs.
Pour d'autres, il sera difficile de remettre de l'ordre dans vos dossiers car tout le monde n'est pas méticuleux dans l'archivage de photos.
D'autres encore, je le sais, ne verront pas l'intérêt de revenir sur le passé, de perdre du temps à trier et me faire parvenir ces moments bien rangés, parfois même oubliés.
Il y en aura qui auront simplement la paresse de se pencher sur mon problème. Après tout, je vous comprends ; il se peut que cela ne vous concerne plus.
Je fais néanmoins appel à votre compréhension et votre réelle sympathie.

Pour beaucoup d'entre vous, j'ai conscience également de ne pas avoir été la plus fidèle amie.
Dans bien des cas, je ne donne plus signe de vie depuis que la distance ou le chagrin nous ont séparés. Mais, bien souvent, je continue de penser à chacun d'entre vous.
La vie suit seulement son cours et assez souvent nous nous sommes éloignés sans nuisance, d'un commun accord non formulé.

J'en viens à faire la charité mais, très sincèrement, la douleur m'y pousse.
Si vous possédez la moindre photo ou vidéo de nous, de moi, de potes, de famille, que ce soit il y a un mois, 1 ans ou bien 10 ans, mon nouveau disque dur sera bientôt prêt à accueillir votre générosité.

Je ne saurai promettre grand chose en retour si ce n'est un regard brillant d'émotions et ma réelle gratitude envers chacun de vous.

Du fond de mon cœur, je vous remercie d'avance. <3

Amicalement,
Respectueusement.
Marine.

samedi 9 août 2014

La terrasse : le revers de la médaille

Terrasse privative


Habiter au rez-de-chaussée et avoir une terrasse privative donnant sur la cour de l'immeuble, sans voiture pour me faire peur, c'est tout de même la classe.
Non seulement je profite de la maison mais je peux aussi me prélasser sur le salon de jardin ou me vautrer sur les pavés de la cour. Avoir le choix, c'est la vie.

Notre Amazonie à nous <3

Môman fait pousser des plantes, des fruits et des légumes quand ça veut bien et des herbes aromatiques pour que "ça fasse plus de verdure et de couleurs".
Je trouvais pourtant que la haie de troènes était suffisante bien qu'elle ne sente pas aussi bon que la menthe et le basilic. Rien à voir, et alors ?
Le hic, c'est que les plantes ça fait pousser les araignées. Et d'après M'man "les araignées ça saute, c'est fourbe, brrr...".
Quand Juno est dans le coin, elle les croque en disant que c'est comme les mouches "ça chatouille sur la langue et Schpaf ! ça bouge plus". Faudrait que j'essaie mais j'suis bien là, couché, non ?

L'orientation est plutôt est-sud. L'ensoleillement est à son plein uniquement aux alentours de 10h30-11h. La hauteur des immeubles de 5 étages et la prestance de l'érable plane au faux tronc de platane de 20-25 mètres jouent aussi un rôle de pare-soleil. Par chance, l'arbre à été élagué de notre côté durant l'hiver.
Le seul avantage de cette ombre, c'est qu'elle nous protège de la canicule très fréquente dans ce pays n'est-ce pas. Bref, on ne suffoque pas, on respire.

Pollution olfactive


Tiens, en parlant de respiration, ça me fait penser à une autre problématique.
Qu'est-ce qui est généralement noir, en fin de vie mais toujours renouvelé, a une odeur répugnante, est entassé dans un coin malpropre et qui est pourtant nécessaire à l'hygiène au quotidien ?
Indice : Son papa était français.
Réponse : La poubelle.
Notre cours d'immeuble abrite forcément un local à poubelles. 
A vrai dire deux car les restaurants de l'angle ont le leur. 
Oh, et comptons plutôt trois car la cour voisine a le sien jouxté à notre terrasse.

"Local" ou "cabane en bois" plutôt...

On comptabilise donc environ 30 containers pour faire des parties de cache-cache de folie de déchets courants, organiques, plastiques, verres blancs, verts et bruns, cartons et petits électroménagers répartis dans ces abris.
Laissez macérer 2 jours sous une température élevée, sortez prendre un bol d'air frais sur la terrasse et respirez à pleins poumons.
Verdict ? Ouais, moi aussi j'ai failli vomir des mouches et des asticots qui dégorgent des poubelles mais là, ça devient crade.
Heureusement, comme je le disais plus haut, la chaleur c'est pas permanent et les poubelles sont vidées régulièrement. 
Ça, c'était pour la face cachée de la terrasse au rez-de-chaussée. 


Barbec' party


Par contre, histoire de profiter des avantages qu'offre notre terrasse, on se permet quelques expérimentations lorsque la qualité de l'air n'est pas asphyxiante.
Une idée ? Un barbecue ? Ouais !
Croisons les doigts pour que les voisins n'appellent pas les pompiers parce qu'on les enfume...
Ou que les flics ne débarquent pas parce qu'on a enfreint la sécurité nationale du quartier...
Ou qu'on ne reçoive pas un avis d'expulsion de notre agence parce qu'on est des criminels dangereux..

On a donc testé le barbecue clé-en-main.
2,50 € au supermarché, 1 allumette craquée, 15 minutes pour que les boulets de charbon se transforment en braises et 1h15 environ de temps de cuisson. Très satisfaisant pour 2 personnes nous 4.
Ce genre de barbecue minute, c'est un peu l'accessoire indispensable ici. Tous les parcs de la ville possèdent un espace "grillades autorisées" où chacun peut faire son barbec' dans l'herbe.
Tip top les pique-niques du dimanche entre potos, ouech !

Juno, cette naïve très intriguée, a passé toute la soirée le regard perdu dans les flammes. Elle rêvait peut-être de croquettes grillées qui sait. Moi, j'préfère le saumon.


Et sinon, vous avez déjà vu un chat manger un épis de maïs et se nettoyer les incisives au fil dentaire ? Ouais bah, moi non plus.

samedi 24 mai 2014

V.I.Pass

J't'en donnerais du "specimen" moi !

A Paris, j'ai même pas eu le droit d'avoir mon Pass Parigo Navigo.

La dame au guichet m'avait dit :

- Pas possible M'sieur Deven, les chats non accompagnés ne peuvent pas voyager dans les transports publics.
- Hmprf. Puisque c'est comme ça, je prendrais le taxi même si ça doit me coûter les poils de la queue.


A Berlin, j'me la suis joué plus fine.
Quand Môman s'est vue proposée le Firmenticket avec sa boîte, j'ai été plus malin et j'ai trafiqué ses photos.
Je me suis mis en tenue de camouflage, en mode écharpe. Du vrai travail de Cartapus "tu m'vois, tu m'vois plus, tu'm'vois plus, tu m'vois...". Vous avez pigé le truc quoi.


Si Môman doit présenter sa carte aux contrôleurs de la BVG (bévégué) ou Berliner Verkehrsbetriebe, société de transport berlinoise, elle n'aura aucun problème avec la photo :
- Bonjour Madame Robert, votre photo n'est pas très réglementaire. Pourquoi avez-vous pris votre chat en photo ?
(Môman l'air totalement surpris)
- Mon chat ? Oh mais non Monsieur l'agent, c'est juste le motif de mon écharpe voyons !

ET

Si je me fais contrôler et que je dois présenter cette même carte :
- Bonjour Monsieur Robert (faire semblant avec le nom évidemment), je constate que la photo sur cette carte de transport ne vous ressemble pas. Est-ce une carte volée ? Vous allez devoir nous suivre...
(Moi, l'air totalement surpris)
- Volée ? Oh mais non Monsieur l'agent, regardez de plus près, je suis bien sur cette photo. Là, m'voyez ?

Bref, c'est ce qu'on appelle de l'intelligence savamment orchestrée et j'en suis fier.

Avec ce V.I.Pass, on va pouvoir voyager sur le réseau de la BVG 7j/24h et emprunter toutes les sortes de transport :
- Deutsche Bahn (Train de banlieue)
- U-Bahn (Métro)
- S-Bahn (RER)
- Strassenbahn (Tram)
- Verkehrmittel bus (Bus)

Et puis Kloé, elle pourra nous accompagner gratos tous les soirs de la semaine après 20h et les jours entiers durant les week-ends
Merveilleux, n'est-ce pas ?

En passant par la boîte de Maman, le tarif est de 685,90 € soit 57,20 € la Monatskarte pour la zone AB uniquement si tu choisis de payer en 12 fois.
C'est pas donné mais ça reste raisonnable quand on connait l'étendu de la ville.

Nous t'façon, OSEF, on vit au centre donc la zone AB ça nous suffit.
 
Pour rappel, on est vers Rathaus Neukölln (U7), en bas à droite de la zone A, sur Sonnenallee où passe la ligne de bus M41 indiquée sur la carte.

En regardant de plus près, on constate qu'on est sur la ligne quasi directe pour joindre les 2 aéroports de Berlin, Schönefeld au sud est et Tegel au nord ouest. Pratique !


Ouais "pratique" mais moi j'ai pas encore pris l'avion. Je veux pas qu'on m'enferme dans la soute tout drogué toussa. Et puis, sérieusement, j'ai déjà le syndrome du chat parachutiste, j'ai pas envie d'avoir en plus le syndrome du chat-qui-se-fait-pipi-dessus-parce-qu'il-a-peur-que-l'avion-se-crashe.

Non, un jour, j'ai décidé de devenir plus terre à terre. Littéralement.
Je vis désormais au rez-de-chaussée, je prends les transports au sol et guess what ? Je le vis bien !

dimanche 27 avril 2014

Flash back : 1 an plus tôt

// Par Môman

Il y a un an, jour pour jour, tout le monde pionçait dans le camion !

Paris > Bordeaux - 27 avril 2013 // feat. Deven, Clém (merci pour tout !), Chloé & Marine

C'était pile le jour où on a quitté notre appartement parisien en camionnette chargée de toute notre vie pour rejoindre Bordeaux. 
C'était le tout début d'une période transitoire qui allait nous mener à Berlin 6 mois plus tard.

Encore mille mercis à la maman de Chloé qui nous a généreusement accueillis, tous les trois, durant ce laps de temps, qui a supporté les poils de Deven dans tous les coins et recoins de sa jolie maison et a également supporté le bazar de nos cartons sauvagement entremêlés dans son petit garage.

C'était un coup de tête un peu foufou que d'envisager de vivre à Berlin à cette date. Notre décision a été prise 2 mois plus tôt alors que je n'y avais jamais mis les pieds.

Ma première idée de la ville s'est faite lors de nos vacances du 19 au 25 avril 2013 -soit 2 jour plus tôt- où nous avons été hébergées chez nos amies allemandes Ban'Anna et Titty Twista (Merciii encore !). Nous avons profité du match des Paris Rollergirls All Stars Vs. les Inglorious Bombshells du 20 avril 2013, où Chloé a jammé et où j'ai "benché" pour la dernière fois les PRGs, pour y faire escale plus longtemps.

Nous avons passé de bons moments durant cette semaine (photos ci-dessous non exhaustives) mais, toutes les deux prises par du travail urgent emmené dans vos valises, nous n'avons pas été en mesure de profiter à fond. 
Personnellement, j'ai aimé la ville, j'ai senti son potentiel et apprécié son côté underground mais je n'ai pas eu le coup de foudre. 
De la folie j'vous disais.

Feat. Jäger Monster, Looney Tooms, Rose Hyène, No Name Jane, Kozmic Bruise & Wheely Wonka



Qu'à cela ne tienne, je vous rassure car aujourd'hui je m'y sens bien et même plus, je m'y sens chez moi, chez nous. <3

mercredi 5 mars 2014

Et vous, vous faites quoi la nuit ?

Mes nuits regorgent d'activités.
La fenêtre de la chambre reste ouverte pour que je puisse faire le mur de manière autorisée mais sous surveillance.

J'allais dire que je suis insomniaque mais ça serait mentir car c'est plutôt le contraire. Je dors beaucoup beaucoup. Sauf la nuit. Berlin a une réputation à tenir sur sa vie nocturne et c'est à cœur joie que je m'engage à la tenir.

Quand Môman et Chloé se couchent, je me lève. Ou l'inverse. A croire qu'elles en font exprès pour éviter de passer du temps avec moi. Si c'est le cas, c'est pas bien gentil. Hmpff !

Je fais un tour dans ma litière quand les couettes (ouais deux à cause de la fenêtre ouverte quoi) les recouvrent bien. Et Môman se relève pour nettoyer sinon
1/ Je cours partout jusqu'à ce qu'elle nettoie car j'exige que ma litière soit propre 24/24h
2/ Elle dit que ça pue et que ça les dérange mais je trouve ça exagéré

Après un petit quart d'heure de pause, je m'étire puis je suis prêt pour la prochaine étape qui consiste à griffer toutes les surfaces potentiellement griffables de l'appartement. 
En bref ; le canapé rouge à la surface interminable, la banquette au tissu gris délicat, le fauteuil de bureau à roulettes, les valises qui traînent, l'arrière de la TV (je reste souvent coincé dans les trous d'aération. Môman vient toujours à la rescousse quand je panique avant que je ne me casse la griffe et parfois elle n'a pas le choix que de me la couper), le tapis à l'entrée et, régulièrement, je fous la misère à mon boudin de boxe quand il traîne dans les parages. 
Par contre, je prends garde à ne JAMAIS toucher le superbe griffoir fixé au dos de la porte d'entrée.
C'est un manège qui peut durer toute la nuit, en pointillé. Môman ne dort pas beaucoup non plus ; elle se lève entre 3 et 20 fois et elle joue à me courir après. J'aime bien.

Lorsque j'ai décidé de changer de jeu, je débute une partie de cache-cache. C'est assez simple, il suffit d'ouvrir une porte quelconque et de s'y cacher derrière. Avant de commencer, je dois griffer le meuble TV pour dire à Môman de tourner la clé (c'est un trick que je n'ai pas encore appris à faire) et ça m'offre une cachette supplémentaire. Je dois être trop bruyant lorsque j'ouvre les portes car Môman finit toujours par me démasquer alors que je ne miaule même pas ! Bon, de toute façon, vaut mieux qu'elle me trouve rapidement parce que je sais rentrer dans les meubles mais je ne sais pas en sortir. Quand j'en ai marre de perdre, j'arrête.

Des fois, je joue avec mon poisson-clochette tout déglingué qu'est dan smon panier perché sur l'armoire. S'il tombe par terre, ben j'me lève pas, j'arrête. Tiens d'ailleurs, faut que je dise à Môman de m'en acheter un neuf.

Souvent, je fais des allers-retours entre dehors et dedans, peu importe le temps. Je me balade jusqu'au local à poubelle ou la lumière a un détecteur à mouvements et Môman sait où je me trouve (quand je vous disais que j'étais sous surveillance plus tôt...) ou bien je reste stationné sur la fenêtre à monter la garde mais bien mieux qu'un chien
Certaines nuits sont plus drôles que d'autres. Cette nuit, par exemple, il pleuvait et, moi, l'eau, j'aime bien ça (sauf les bains forcés qui me font ressembler à un rat d'égout). Quand mes coussinets sont mouillés je peux faire des glissades et, ça, c'est le top ! Au réveil, ce matin, Môman a dû passer la serpillière et nettoyer de la chambre à la salle de bain jusqu'à la cuvette des toilettes et le fond de la baignoire car j'avais laissé des traces partout en toboggantant. Woops !

 
A partir de 5-6h du matin, quand la lumière du voisin-qui-a-des-rideaux-en-forme-de-tête-de-chat-ou-de-Batman-allume-le-néon-de-sa-cuisine, le tic tac de mon ventre se lève ; il faut me nourrir. Si ce n'est pas fait en temps voulu, je démarre un nouveau cycle de griffage et ça peut durer des heures. C'est cruel pour les meubles, je sais, mais mon ventre est inconsolable. Ma pâtée peut attendre jusqu'au vrai réveil de Môman mais pas mes croquettes.

Quand je m'ennuie (et ça arrive souvent), je miaule à tue-tête ou entreprends au hasard une des activités citée ci-dessus et le résultat est assez jouissif :

Je miaule, Môman se réveille, je miaule, elle me regarde "Qu'est-ce que tu veux ?", je miaule, elle me dit de venir au lit en tapotant la couverture, j'hésite car deux couettes c'est méga confortable puis je résiste, je miaule, elle se lève, va aux toilettes, me caresse et va voir si j'ai besoin de croquettes, me caresse puis se recouche. Ça n'a donc pas marché.

3 minutes plus tard...

Je fais mes griffes, elle se lève rapidement, je pars en courant. Chouette on recommence à jouer ! Zut, elle se recouche.

2 minutes plus tard...

Je fais semblant de faire tomber des objets, elle s’assoit brusquement et dit "Pssssiiit", je la regarde, elle me regarde, on se regarde, elle se recouche. On recommence. Plusieurs fois. Je fais vraiment tomber l'objet (plante verte, verre, crayon, souris d'ordi...), elle se relève rapidement et crie "DEVEN !" mais pas trop fort parce que Chloé dort comme un loir et je pars en courant pourchassé par Môman qui veut me faire peur avec mon boudin de boxe dans les mains pour finir par me caresser. Elle se recouche.

1 minute plus tard...

Même schéma. Puis je fais le beau et miaule mignonnement pour la faire craquer et elle finit par me prendre dans ses bras, m'amener de force sur le lit pour que je dorme dans ses jambes. Elle me fait des massages, je ronronne et je me casse quand elle a terminé.

5 minutes plus tard...

J'ai décidé que je voulais un autre massage et je vous laisse deviner la suite.

Quand il fait bien bien jour et que le réveil va bientôt sonner, je file me coucher.

Des fois, j'ai conscience que je suis pas un garçon toujours sage alors je cherche à me faire pardonner. Du coup, cette nuit, je lui ai trouvé un petit cadeau (l'os hein, évidemment). J'espère qu'elle l'a apprécié sinon, comme on dit, c'est l'intention qui compte !

mardi 4 mars 2014

Arnaque à la météo

8 mois plus tôt...

Tout le monde : Vous savez qu'à Berlin l'hiver est horrible ? Il dure la moitié de l'année, il fait affreusement froid et il neige tout le temps. Vous allez mourir.
Nous : Merci, on le sait. Au départ, on voulait partir à Montréal alors, pour les températures négatives, on relativise.
Môman et Chloé, dans un regard affligé et silencieux : Putain, on va mourir.

C'était pas exactement tout le monde ni ces termes précis mais l'idée générale est là.
Je connais pas très bien ma géographie mais on m'a dit que Berlin, c'est loin au nord, à l'est, tout proche de la Mer Baltique et de pays qu'on imagine froids et baignés dans d'horribles élevages intensifs de saumon dans l'obscurité du matin au soir. 
En France, le premier Tropique était déjà à 10 000 lieues sous les mers à vol d'oiseau mais ici le calcul de la distance est impossible, on est aux alentours de l'Infini et au-delà
Certains appellent ça l'Enfer et d'autres disent que j'exagère un peu.

Il y a deux semaines, au rayon fruits et légumes du supermarché, avec nos potes françaises Marjo et Lau de passage à la maison, nous avons été happés verbalement par un monsieur-allemand-gentil-mais-un-poil-sangsue qui voulait nous montrer que, lui aussi, il pouvait parler français (je vous passe les détails à dormir à quatre pattes car je ne suis pas certain d'arriver à vous faire comprendre les rapports entre vésicule biliaire, roquette (cf. salade), sécrétions, conservateurs (cf. produits chimiques), scolarité et Wansee (cf. quartier berlinois) dans la même discussion).

Monsieur-allemand-gentil-mais-un-poil-sangsue : Vous savez que certaines années, à cette période, il faisait -15°c le jour et -25°c la nuit ? Vous avez de la chance, cet hiver est très doux.
Moi, en pensée :  Un hiver ? Quel hiver ? Mais qu'est-ce qu'il raconte, on n'est pas en été ?

Voici 2 graphiques qui permettent de comparer les températures de février 2013 à février 2014. Nul besoin de lire les chiffres, les courbes sont largement au dessus des normales cette année. Et ce n'est pas les orteils de Chloé qui viendront s'en plaindre.

Source : http://www.accuweather.com/

Moi, par contre, je suis un peu déçu. Mon pelage était prêt pour affronter la tornade hivernale qu'on m'avait promis et j'ai supporté sans me plaindre les crachats nocturnes dû à l'invasion en masse de poils dans mon estomac. Môman m'a pardonné pour le sol-propre-le-jour-devenu-sale-la-nuit parce que c'est la faute à Padchance que les chats izondépoâl.. Bref.

J'avais mené mon enquête et déniché plein d'activités à faire durant tout l'hiver. Tout était parfait et j'étais fin prêt à affronter la neige, sourire aux babines !

Ma To Do List ressemblait à ça :
 
- Me faire offrir des patins à glace. Oui, mais de hockey. Même d'occasion jmef (= je m'en fou) ;
- Tester la patinoire circulaire de la fontaine de Neptunbrunnen en mangeant une currywurst aux frites ;
- Patiner sur les multiples lacs gelés de la ville, et y faire du hockey avec les mecs trop forts du Eisbären, les champions d'Allemagne ;
- Se promener sur les berges enneigées du canal derrière chez nous et attraper un canard sans me faire courser par les cygnes ;
- Descendre en luge quelques petites collines réputées (Rodelbahn Hahneberg) ou à l'histoire un peu plus sombre qui ont vues le jour après la guerre avec l'amoncellement de gravas de maisons et bunker bombardés (Teufelsberg, Mauerpark, Volkspark Friedrischain, Humbolthain...) ;
Teufelsberg
- Faire la course et gagner évidemment sur la piste de luge la plus longue de Berlin à Rodelbahn am Insulaner en criant que "Je suis le maître du monde" ;
- Me moquer du cygne -celui cité plus haut- coincé par la glace (NB : ne pas faire s'il ne m'a pas pincé les fesses avant sinon risque de représailles) ;
- Me prendre pour un snowkiteurs de Tempelhofer Park et surfer sur les nuage ;
- Réaliser, sur notre terrasse, un bonhomme de neige chevauchant un Nimbus 2001 et tenant la baguette de Sureau dans une main ;
- Construire un igloo avec un gardien de neige et une pancarte à l'entrée "Défense d'aboyer - Propriété privée" ;
- Me balader en ville en famille, au chaud dans les bras de Chloé, tranquillement calés sur ma luge en bois accrochée au vélo de Môman qui nous fait la guide touristique comme si elle avait toujours vécue ici ;
- Me cacher derrière les arbustes et jeter des boules de neige dans la nuque des enfants de l'immeuble qui sont moches et méchants quand ils me voient ;
- ... (liste non exhaustive)

On est en Mars. Le ciel est bleu, le soleil étincelle et je sors sans manteau parfois.
Il a neigé 3 jours en Janvier. Ça a tenu une semaine et demie. C'était beau, blanc et magique pendant 2 jours. C'était moche, gris et boueux le restant.
L'arnaque.

Ma liste a pris la poussière d'inactivité.
Point positif ? Elle est prête pour l'année prochaine.